Résidence à l’Arsenal-Metz en scènes (2012-2014)

etatdeslieux

 Une (petite) histoire de l’art en mouvements

« Le peintre doit savoir à présent ce qui se passe dans ses tableaux et pourquoi. »

– Kasimir Malévitch, 1915.

« Dancing is talking. Talking is dancing. » – Douglas Dunn,1973.

 

Première saison

Depuis les premières Visites dansées dans les musées, je mène un travail polymorphe qui interroge – à travers la danse et le texte – les modes de perception des expositions d’arts visuels et les architectures qui les accueillent. Mes recherches oscillent entre savoirs et sensations, effectuant des allers-retours incessants entre la pensée et le corps, entre le discours (sur les arts visuels) et la pratique (de la danse). Je m’aventure sans cesse dans cet espace du regard, cherchant à incorporer les mots et à les mettre en mouvement pour construire un « corps pensant ».

La résidence de la compagnie à l’Arsenal permettra d’approfondir ces recherches pour tenter de construire une (petite) histoire de l’art réinventée par le corps et les mots : une histoire de l’art en mouvements. Délaissant pour quelque temps les espaces muséographiques et la matérialité des œuvres in situ, je concentre maintenant mon attention sur l’écriture de la danse dans le temps et dans l’espace de la scène où se mêlent les corps, les images et les mots.

Deuxième saison

La compagnie La Brèche-Aurélie Gandit entame sa seconde année de résidence à l’Arsenal-EPCC Metz en scènes en 2013-2014.

La résidence de la saison 2012/2013 a permis à la compagnie à l’Arsenal  de poursuivre les recherches sur les liens de la danse et des arts visuels à travers la  création De Pictura, pièce chorégraphique et textuelle autour de la peinture ancienne.

Pour cette nouvelle saison 2013/2014, les axes de recherches empruntent des chemins davantage en lien avec le paysage et l’architecture. Dans la continuité des Visites dansées créées dans plusieurs musées depuis 2007, la compagnie imagine pour la première fois en plein air une visite dansée du jardin philosophique Jean-Jacques Rousseau (Ermenonville, 60). De la même manière, la création du parcours dansé États des lieux pour un groupe d’amateurs-trices propose une (re)lecture des  espaces architecturaux de  l’Arsenal et de Saint-Pierre-aux-Nonnains par et pour  les corps des danseurs et des spectateurs.

D’autres pistes de recherches se dessinent dans l’espace de représentation avec deux créations qui travaillent aux corps les résonances de la danse et de la musique. Dans la vidéo-danse Trajet  Laryngo-claviculaire, la création sonore du compositeur italien Carlo Ciceri  parcourt l’intériorité du corps et les oscillations  de la voix dans un jeu de matières et d’images en mouvement. La rencontre avec Guillaume Marietta  (chanteur et compositeur du  groupe rock Feeling of Love) ouvre également de nouvelles pistes de recherches chorégraphiques où les mots se muent en matières musicales et corporelles.

Aurélie Gandit